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Le gouvernement intensifie la lutte contre la dengue

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14/03/2019
Le gouvernement, en partenariat avec les provinces et les communes, renforce les moyens humains, techniques et financiers contre l’épidémie de dengue qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Les collectivités en appellent aussi à la mobilisation générale des populations pour inverser la courbe.

Déclarée depuis le 21 décembre 2018, l’épidémie de dengue a explosé au cours de ce premier trimestre. On compte actuellement plus de 60 nouveaux cas quotidiens confirmés biologiquement pour plus de 1 430 cas depuis le 1er janvier 2019. Un nombre de malades qui est en fait beaucoup plus important selon les autorités sanitaires. À ce triste tableau, il faut ajouter 5 à 6 hospitalisations en moyenne chaque jour et déjà un décès. L’épidémie touche toute la Nouvelle-Calédonie, avec une prédominance des cas à Nouméa et dans le Grand Nouméa.

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Davantage de moyens pour la prévention

« Ce sont essentiellement les communes qui mènent les actions de prévention sur le terrain, a rappelé Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge de la santé. L’objectif est donc de renforcer les équipes par la mise à disposition de 18 agents PPIC*  supplémentaires dans les communes de la province Sud où l’épidémie est la plus forte ». Cet effectif, chargé de sensibiliser les habitants au porte à porte, passera ainsi de 20 à 38. À leurs côtés, les moyens d’intervention de la direction des Affaires sanitaires et sociales vont être doublés : quatre équipes mobiles, composées d’un infirmier de la DASS, d’un pompier volontaire de la DSCGR et d’un agent PPIC, se rendront dans les quartiers les plus touchés pour informer, dépister d’éventuels cas secondaires et donner des moyens de protection contre les moustiques. Quinze mille répulsifs ont été distribués depuis le début de l’année. Une commande de 10 000 unités supplémentaires est en cours pour éviter une éventuelle pénurie.

Valentine Eurisouké, Philippe Germain et Jean-Paul Grangeon, directeur adjoint de la DASS ont présenté le plan d’action contre la dengue.

Valentine Eurisouké, Philippe Germain et Jean-Paul Grangeon, directeur adjoint de la DASS ont présenté le plan d’action contre la dengue.

Une des dernières épidémies ?

« Nous avons un dispositif qui monte en puissance, mais seuls, nous ne pouvons pas tout faire. Il faut que les gens se protègent, surtout les plus fragiles, et prennent toutes les précautions possibles pour éviter la prolifération des moustiques. Cette mobilisation est d’autant plus nécessaire que nous espérons vivre la dernière forte épidémie », a déclaré le président du gouvernement en faisant allusion au « World Mosquito Program » qui s’est implanté en Nouvelle-Calédonie l’année dernière. L’objectif de ce programme, qui a fait ses preuves dans une dizaine de pays, est de relâcher des Aedes aegypti porteurs de la bactérie Wolbachia pour qu’ils se reproduisent avec les moustiques « sauvages ». Ainsi, ils transmettront à leur progéniture la bactérie qui réduit le risque de transmission de la dengue, du zika et du chikungunya. Les premiers lâchers de moustiques porteurs de Wolbachia devraient débuter à Nouméa, avec le feu vert de la population, en milieu d’année, pour une durée de six mois.  Le risque de nouvelles épidémies devrait diminuer dès 2020.

* Programme provincial d’insertion citoyenne

Aides financières et unité dengue

« Nous déployons nos efforts sur l’ensemble du territoire avec une concentration des moyens en province Sud, notamment dans les quartiers de Nouméa les plus touchés. Mais si une commune souhaite renforcer ses actions de lutte, par exemple en épandages, elle pourra solliciter une subvention exceptionnelle du gouvernement », a expliqué Philippe Germain. Cette mesure s’adresse en particulier aux provinces Nord et Îles. Enfin, en fonction du nombre d’hospitalisations, le Médipôle se tient prêt à ouvrir une unité réservée aux malades de la dengue, dotée d’une capacité d’une dizaine de lits et d’un médecin dédié.